L’histoire étrange de la comète de Biela

> > L’histoire étrange de la comète de Biela ; écrit le: 7 avril 2012 par Sameh

Cette comète fut découverte en 1772 par le Français Jacques Leibax Montaigne, pharmacien et astronome amateur. Personne ne pensait alors qu’elle était périodique jusqu’au jour où Jean-Louis Pons l’observa de nouveau en 1805 : le calcul de son orbite permit au célèbre Friedrich Wilhelm Bessel de l’identifier à la comète apparue plus de trente ans auparavant. Le troisième retour de la comète eut lieu en 1826 : elle fut alors redécouverte par celui 1845-1846, elle donnera lieu à un phénomène surprenant : le 29 décembre 1845, on constata qu’elle s’était dédoublée. Les deux composantes de cette comète brisée, d’éclat inégal et rapidement variable, naviguèrent dès lors de concert, en s’éloignant lentement l’une de l’autre. D’abord reliées entre elles par un pont lumineux, chacune possédait ensuite sa propre queue et sa propre chevelure, parallèles entre elles. Lorsqu’elles disparurent, elles se trouvaient à environ 300 000 km l’une de l’autre. En 1852, la comète de Biela apparut pour la dernière fois. Angelo Secchi la retrouva à une distance considérable de la position prévue. La distance entre ses deux composantes avait atteint désormais deux millions de kilomètres. La moins lumineuse dans un premier temps se révéla ensuite beaucoup plusbrillante que l’autre. En 1859, leur position les rendit difficilement observables. C’est donc avec impatience que l’on a attendu le retour de la comète de Biela en janvier 1866. Mais toutes les recherches restèrent vaines et, depuis, nul ne l’a jamais revue. En fait, ceux qui ont eu la chance d’observer cet astre en 1846 et en 1852 ont assisté en fait en direct, et pour la première fois, à la destruction d’une comète.
Après la pluie de 1872, les Biélides ont donné lieu à une tempête plus grandiose encore dans la nuit du 27 novembre 1885 : selon les estimations des observateurs anglais, il serait alors tombé 75000 météores par heure

Le rendez-vous manqué:

À l’époque du positivisme et des grands triomphes de la mécanique céleste, les astronomes qui venaient de prévoir avec succès les tempêtes des Léonides en 1866 et des Biélides en 1872, estimaient que les étoiles filantes n’avaient plus de secret pour eux. Ne venait-on pas de découvrir, par le calcul, l’existence de la planète Neptune et d’innombrables systèmes stellaires multiples, confirmant ainsi la validité universelle des lois newtoniennes? On croyait alors que tous les mouvements du cosmos obéissaient à des lois précises et immuables. Les astronomes s’attendaient donc à assister à une tempête météorique spectaculaire à la fin du siècle, lors du retour des Léonides, prévu pour novembre 1899. Les Anglais Stoney et Downing joignirent alors leurs efforts pour calculer les paramètres astronomiques de la future pluie météorique. Pour cela, ils exploitèrent les calculs d’orbite de cet essaim effectués une trentaine d’années plus tôt par le célèbre John Couch Adams, l’un des deux astronomes qui avaient supputé l’existence de Neptune sur la base des perturbations gravitationnelles d’Uranus. En tenant compte de toutes les perturbations induites par les planètes principales, ces deux chercheurs prévirent que la tempête se produirait le 15 novembre 1899, à 6 heures du matin (TU). En 1898, on nota une certaine augmentation de l’activité des Léonides, avec un taux de 50 à 100 météores par heure, qui est interprétée comme un signe précurseur de la future tempête. Cela suscita alors l’impatience d’une grande partie de la population, qui espérait assister à un spectacle aussi éblouissant que ceux qui avaient déjà eu lieu deux fois dans le siècle. Malheureusement, en refaisant ses calculs, Stoney constata que l’orbite des particules cométaires avait été modifiée lors de leurs passages à proximité de Saturne, en 1870, et de Jupiter en 1898, de sorte que si l’essaim n’était pas plus large que prévu, il ne croiserait pas l’orbite terrestre. La déviation des météoroïdes atteignait en effet 1,75 million de kilomètres. Lorsqu’il annonça la nouvelle à la Royal Astronomical Society, le 10 novembre, il était désormais trop tard. Ainsi que l’écrira Charles Olivier, grand spécialiste des météores, en 1925 : «La prévision non réalisée du retour des Léonides en 1899 jeta le discrédit sur l’astronomie dans l’opinion publique. »

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