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Où, quand et comment observer la Lune ?

Vous êtes ici : » » Où, quand et comment observer la Lune ? ; écrit le: 15 juillet 2013 par Hela

 domes

une observation réussie de la Lune est la conjonction de plusieurs facteurs qui  influent sur la qualité des images. Le lieu d’observation a autant d’importance que la période ou la méthode.



Où ? Depuis presque partout

Faut-il rappeler qu’il est fortement déconseillé d’observer par la fenêtre ouverte d’un appartement, sur un balcon ou sur une terrasse cimentée ? Vous vous exposeriez à tous les remous d’air et à des convections génératrices de turbulences. Cherchez un endroit plus favorable autour de votre résidence pour diminuer la turbulence locale. L’idéal est d’observer sur un terrain herbeux, dans un grand jardin par exemple, loin des bâtiments, car le bitume, le ciment et les tuiles emmagasinent pendant la journée de grandes quantités de chaleur qu’ils restituent en début de nuit. Voilà pourquoi les observateurs

lunaires experts préfèrent la viser le matin, entre la Pleine et la Nouvelle Lune, mais il faut avoir le courage de se lever…

Vous constaterez que la Lune s’accommode assez bien de l’atmosphère chargée des villes. Elle est donc observable en plein Paris, à la différence des nébuleuses et des galaxies. Il y a mieux, même : à cause des poussières atmosphériques, les images à l’oculaire sont souvent plus stables qu’à la campagne.

À une dizaine de kilomètres d’une grande cité, vous trouverez souvent un site de qualité moyenne. Mais, bien sûr, rien n’égale le ciel pur de haute montagne. Les plus beaux clichés de la Lune pris depuis la Terre n’ont-ils pas été pris dans des observatoires situés en altitude ?

Quand ? testez la turbulence locale

Avant d’observer, essayez d’apprécier la météo locale.

Le vent provoque toujours une turbulence importante très nuisible aux observations avec un instrument de gros diamètre, mais il ne gêne pas un simple coup d’œil dans des jumelles ou dans une petite lunette de 60 mm.

S’il n’y a pas de brise sensible, regardez les plus brillantes étoiles. Si celles qui sont situées à plus de 45° de hauteur scintillent, il existe une turbulence en altitude et vous n’aurez généralement aucune chance d’obtenir de belles images dans un instrument d’un diamètre supérieur à 120 mm. Au contraire, si seules les étoiles situées à moins de 45° de l’horizon scintillent faiblement, sortez votre instrument pour juger du niveau de turbulence locale. L’absence quasi totale de scintillation est rare. Ne ratez pas la nuit qui va suivre… Une légère brume s’accompagne d’une turbulence faible et sa présence ne nuit pas aux observations lunaires, car elle agit plutôt comme un filtre.

Il existe trois sortes de turbulence visible. La première vient de votre instrument, que vous devrez sortir une demi-heure avant l’observation

pour qu’il prenne la température extérieure. Ainsi, il ne générera plus de turbulence interne, qui provoque un bouillonnement important des images.

seconde provient des perturbations en haute altitude. Les images se brouillent continuellement; seuls de très brefs instants de quelques dixièmes de seconde de netteté surgissent entre deux épisodes flous et la recherche de fins détails ne peut être que difficile et fugitive.

La troisième espèce est une turbulence régulière, comme si l’image ondulait derrière un rideau dans un courant d’air. De telles nuits sont courantes en France et de belles observations lunaires y sont praticables.

Pour minimiser les effets de la turbulence, observez la Lune quand elle se trouve le plus haut possible. Ainsi, le Premier Quartier culmine le soir en mars, la Pleine Lune le soir en décembre et le Dernier Quartier le matin en septembre.

Enfin, répétons que les observateurs chevronnés privilégient la seconde moitié de la nuit, moins turbulente et permettant les observations entre la Pleine Lune et la Nouvelle Lune. Mais il est plus difficile de se lever tôt que de se coucher tard, d’autant plus que le résultat n’est pas garanti ! Et toutes ces considérations ne vous empêcheront pas d’appliquer cette formule de pur  bon sens :observer la lune dés quelle est visible!….

le meilleur moment: surveillez le terminateur

Vous savez que la limite entre l’ombre et la lumière sur le disque lunaire s’appelle le « terminateur ». C’est là qu’il faut regarder et photographier. Le long de cette ligne courbe, les ombres des moindres cratères et des collines s’étirent démesurément et le spectacle en relief est saisissant. Il fait penser aux aspérités d’un vieux mur, qui ressortent intensément lorsque l’éclairage est rasant.

Le terminateur se déplace de soir en soir et fait le tour du disque visible en 14 nuits et demie (terminateur du soir) puis, après la Pleine Lune, de nouveau en 14 nuits et demie (terminateur du matin).

Le meilleur moment pour observer un objet lunaire est celui où il « sort » du terminateur (avant la Pleine Lune), ou bien quand il va y pénétrer (après la Pleine Lune). Les meilleures périodes d’observation se situent cependant au cours des trois nuits qui précèdent et qui suivent le Premier et le Dernier Quartier. La plus mauvaise est celle de la Pleine Lune.

Le terminateur progresse vers l’ouest à 15 km/h à l’équateur lunaire. Une heure après le début de votre observation, recommencez l’examen détaillé de cette zone car de nouveaux détails peuvent maintenant être éclairés.

Comment : soyez méthodique

Équipez votre instrument de son oculaire faible. C’est à cet instant qu’il faut noter le sens et l’importance de la libration en examinant la position de la mer des Crises, des

cirques Platon, Clavius et Grimaldi selon la phase. Si la libration est intense, la topographie pourra différer légèrement de celle décrite dans nos pages. Par exemple, un grand cirque pourra commencer à être visible alors que nous ne le mentionnons pas.

Commencez par reconnaître les lieux sur les clichés du disque lunaire « en entier » du présent ouvrage en fonction du jour et de l’instrument que vous utilisez. Partez du haut du terminateur et descendez visuellement très lentement en identifiant les mers en premier, les montagnes ensuite et enfin les cratères importants. Repérez ensuite les formations intéressantes à observer en détail que nous avons sélectionnées pour vous.

Puis changez d’oculaire pour appliquer le grossissement résolvant. Trouvez une première région étudiée dans les pages de notre guide et cherchez à découvrir les petits détails de chaque grande formation, tels que nous les mentionnons : collines, craterlets, rainures et, plus rarement, dômes…

Supposons que vous désiriez étudier les rainures d’Hyginus et de Triesnecker, assez délicates à repérer. Notre guide chronologique vous informe que la meilleure nuit pour les découvrir est la 7e de chaque lunaison. Si vous êtes équipés d’un Newton, le cliché de la page 70 vous montre que ces rainures se trouvent au centre du disque lunaire. Si vous possédez une lunette ou un télescope catadioptrique, utilisez la photographie de la page 71qui consent. Utilisez l’oculaire à faible grossissement montrant le disque lunaire en entier et centrez dans le champ ladite région.

passez ensuite à l’oculaire donnant le grossissement résolvant et repérez les rainures en vous aidant des clichés des pages 76-77.

Pour mieux les apercevoir, fignolez la mise au point de votre instrument. La technique consiste à tourner le bouton jusqu’à dépasser légèrement ظ bonne position, puis dans l’autre sens, lentement, pour redépasser le moins possible la bonne mise au point. Enfin, il faut revenir encore plus lentement dans l’autre sens en vous arrêtant sur la position montrant le plus de détails possible.

Si la turbulence est faible, essayez le grossissement fort, mais ne comptez pas découvrir de nouveaux détails, car vous ne ferez qu’agrandir ceux que vous aurez déjà vus.

Notez les éléments de vos observations, surtout si vous ne les dessinez pas ou si vous ne prenez pas de clichés. En compulsant vos notes à chaque séance, vous compléterez votre connaissance de chaque objet étudié.

 

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