Un satellite plus grand que Mercure !
Le satellite plus grand que Mercure est Titan, la plus grande lune de Saturne : avec un diamètre d’environ 5 150 kilomètres, il dépasse la planète Mercure, qui mesure environ 4 880 kilomètres. Titan n’est pourtant pas le seul dans ce cas : Ganymède, satellite de Jupiter, est encore un peu plus grand et détient le record du Système solaire. Plus large que Mercure, Titan est en revanche beaucoup moins massif, car il est fait en grande partie de glace d’eau et non de roche et de métal.
Un satellite plus grand qu’une planète, mais plus léger
Le diamètre ne dit pas tout. Mercure est une planète dense, dotée d’un gros noyau métallique, alors que Titan mêle roches et glaces. Sa masse ne représente ainsi qu’à peu près les deux cinquièmes de celle de Mercure. Ce contraste rappelle qu’une « planète » se définit par son orbite autour du Soleil, et non par sa taille : Titan tourne autour de Saturne, en un peu moins de 16 jours, à environ 1,2 million de kilomètres de la planète.
Titan a été découvert en 1655 par l’astronome néerlandais Christiaan Huygens. C’est le premier satellite de Saturne connu.
Une atmosphère épaisse, unique parmi les lunes
Titan est le seul satellite du Système solaire à posséder une atmosphère dense. Elle est composée surtout d’azote, avec quelques pour cent de méthane, et la pression au sol y est environ une fois et demie celle de la Terre. Sous l’effet du rayonnement solaire, le méthane et l’azote se transforment en molécules organiques plus complexes qui forment une brume orangée. Cette brume masque la surface aux télescopes ordinaires : seules certaines longueurs d’onde de l’infrarouge et le radar permettent de la traverser.
Des lacs d’hydrocarbures et des dunes
La mission Cassini-Huygens, menée par la NASA, l’Agence spatiale européenne et l’Agence spatiale italienne, a transformé notre connaissance de Titan. La sonde européenne Huygens s’est posée à sa surface le 14 janvier 2005 : c’est l’atterrissage le plus lointain jamais réalisé. Le radar de l’orbiteur Cassini a ensuite révélé :
- des lacs et des mers de méthane et d’éthane liquides, concentrés près des pôles, dont les plus grands portent les noms de Kraken Mare et Ligeia Mare ;
- de vastes champs de dunes, faites de grains organiques, qui occupent une grande partie des régions sombres de l’équateur ;
- des vallées creusées par des écoulements, signe d’un cycle du méthane comparable au cycle de l’eau sur Terre, avec nuages et pluies.
Sous sa croûte de glace, Titan abriterait en outre un océan d’eau liquide, ce que suggèrent les mesures de gravité de Cassini. Ces conditions en font l’un des mondes les plus étudiés pour comprendre la chimie qui a pu précéder l’apparition de la vie. La NASA y prépare d’ailleurs la mission Dragonfly, un engin volant destiné à explorer plusieurs sites de sa surface.
Observer Titan avec un petit instrument
Saturne est souvent citée comme la plus belle planète à observer : ses anneaux sont visibles dans presque n’importe quelle lunette ou petit télescope. Titan, assez brillant, s’y repère facilement sous la forme d’un point lumineux proche de la planète, dont la position change d’une nuit à l’autre au fil de son orbite. Avec un instrument un peu plus puissant, d’autres satellites plus faibles, comme Rhéa ou Dioné, deviennent accessibles lorsqu’ils s’écartent le plus du disque de Saturne. Les éphémérides publiées par les revues et les logiciels d’astronomie indiquent leur position du moment. À l’oculaire, Titan n’est qu’un point : ses lacs et ses dunes ne se révèlent qu’aux sondes spatiales.



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