La Lune : Le lac Noir
Le « lac Noir » est le surnom ancien du cirque lunaire Platon : au XVIIe siècle, l’astronome Johannes Hevelius l’avait nommé Lacus Niger Major, le « grand lac Noir », à cause de son fond particulièrement sombre. Ce cratère d’une centaine de kilomètres de diamètre, situé au bord nord de la mer des Pluies, est l’une des formations les plus faciles à reconnaître sur la Lune, même avec une petite lunette.
Platon, un cirque au fond sombre
Platon se trouve entre la mer du Froid, au nord, et la mer des Pluies, au sud. Son plancher a été recouvert par des coulées de lave basaltique, qui lui donnent cette teinte foncée contrastant avec les montagnes claires de son rempart. Ce contraste en fait un repère commode pour s’orienter sur la Lune.
Il constitue aussi un bon indicateur de la libration, ce léger balancement apparent de la Lune qui nous permet d’apercevoir un peu plus de la moitié de sa surface au fil du temps : selon la libration, le cirque paraît plus ou moins allongé et plus ou moins proche du bord du disque.
Que voir dans Platon ?
Le meilleur moment pour l’observer est lorsque le terminateur, la ligne qui sépare le jour de la nuit lunaire, passe à proximité, peu après le premier quartier, puis de nouveau vers le dernier quartier : le Soleil, rasant, allonge alors les ombres. Les pics du rempart projettent des ombres effilées sur le plancher au lever du Soleil.
- À l’ouest, un grand pan de muraille paraît s’être détaché de la paroi et effondré vers l’intérieur : ce glissement de terrain se repère assez facilement.
- Le fond, très lisse, est parsemé de minuscules cratères de quelques kilomètres de diamètre. Les plus gros sont un défi classique pour tester la qualité d’un instrument et la stabilité de l’atmosphère.
- Avec un instrument puissant, on peut aussi chercher de fines rainures dans les environs du cirque.
Les monts Ténériffe et le mont Pico
Au sud de Platon, dans la mer des Pluies, émergent les monts Ténériffe, un ensemble de sommets brillants isolés. On les interprète comme les vestiges d’un ancien anneau montagneux intérieur du grand bassin d’impact, presque entièrement noyé par les laves.
Toujours au sud de Platon se dresse le mont Pico, une montagne isolée d’environ 25 km de base, qui s’élève à quelque 2 400 m. Suivre l’évolution de son ombre sur plusieurs soirées permet de visualiser la forme de sa crête et de ses pentes. Un peu plus au sud, un autre relief isolé, moins élevé, est désigné sur certaines cartes sous le nom de Pico Bêta.
Conseils d’observation
Des jumelles stabilisées suffisent à repérer Platon comme une tache sombre ovale au nord de la mer des Pluies. Une lunette ou un petit télescope révèle le rempart et les ombres ; les détails fins du fond demandent une ouverture plus importante et une atmosphère calme. Une carte lunaire aide à identifier les reliefs voisins. Comme pour toute observation de la Lune, les meilleurs moments sont ceux où la région est proche du terminateur, et non la pleine Lune, qui écrase les reliefs sous une lumière verticale.



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