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La grande éclipse européenne:

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La grande éclipse européenne:

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Les éclipses françaises:

Nous avons déjà dit qu’une éclipse totale de Soleil ne se répétait, pour un même site donné, qu’à intervalles de plusieurs siècles. Cela signifie donc qu’il faudra voyager, quelquefois très loin, pour avoir la chance d’assister à ce spectacle extraordinaire. Même sur une zone aussi vaste qu’un pays tout entier, le phénomène se révèle extrêmement rare. Dans le cas d’une petite superficie comme celle de la France, on n’aura la possibilité d’observer une éclipse qu’en moyenne une fois par siècle. La dernière eut lieu le 15 février 1961 aux alentours de 8 h 30 et balaya une bande large de 200 km alignant Bordeaux, Périgueux, Montélimar et Monaco. La prochaine éclipse visible sur le territoire français aura lieu le 3 septembre 2081.

Une occasion à ne pas manquer:

Quiconque doute de vivre jusqu’en 2081 (et nous pensons qu’il s’agit malheureusement de l’immense majorité de nos lecteurs) ne saurait manquer l’occasion qui va se présenter à très court terme. Le 11 août 1999, il se produira en effet une éclipse totale de Soleil exceptionnelle à plusieurs titres. Démarrant dans l’Atlantique, au sud de la Nouvelle-Écosse, et s’achevant dans le golfe du Bengale, ce sera la première à parcourir d’ouest en est l’Europe depuis 1961, puisqu’en 1990 seule la Finlande fut concernée par une éclipse totale. Il faudra ensuite attendre 2081 et l’éclipse du 3 septembre déjà mentionnée plus haut pour que le Vieux Continent soit de nouveau le cadre privilégié d’un tel phénomène, dont la ligne centrale passera légèrement au sud de celle qui nous intéresse ici. jusqu’à cette date, curieusement, seule l’Espagne bénéficiera d’un événement de ce genre, et ce à trois reprises : en 2026, 2027 et 2053.

En traversant le sud-ouest de l’Angleterre, l’ombre abordera la France au nord de Paris et poursuivra son chemin dans le sud de la Belgique, le Luxembourg, le sud de l’Allemagne, le centre de l’Autriche, le centre-sud de la Hongrie, le sud de la Roumanie, le nord-est de la Bulgarie, avant de balayer la Turquie, la Syrie, l’Irak, l’Iran, le Pakistan et l’Inde.
Bon nombre de grandes villes européennes pourront observer l’éclipse dans des conditions idéales, à la mi-journée, quand le Soleil sera très haut au-dessus de l’horizon : Plymouth en Grande-Bretagne; Le Havre, Rouen, Reims et Strasbourg en France; Luxembourg; Karlsruhe, Stuttgart, Augsbourg et Munich en Allemagne ; Salzbourg, Linz et Graz en Autriche ; Szeged en Hongrie ; Timiçoara et Bucarest en Roumanie. L’éclipse ne sera pas très longue : 2 minutes et 23 secondes au maximum (magnitude 1,02859). La tache d’ombre mesurera 113 km de large. La hauteur du Soleil (56° à 59° entre l’Autriche et la Roumanie) conviendra parfaitement pour observer et photographier l’événement : assez haut pour se projeter dans les couches les plus limpides de l’atmosphère, mais pas au point d’imposer de dangereuses contorsions (comme dans le cas des éclipses avec le Soleil au zénith).

Le site d’observation:

Le premier conseil à donner consiste bien entendu à ne pas rester chez soi. Même si l’on habite dans une région où il est prévu que se produise une éclipse partielle de grande magnitude (jusqu’à 98 %), cette dernière n’aura vraiment pas grand-chose à voir avec le phénomène total. Si vous ne vous trouvez pas juste au bon endroit, n’allez donc pas croire que vous verrez réellement 80 ou 90 % du spectacle. Bien au contraire, vous le manquerez en entier. Pour reprendre les termes de Jay Pasachoff, un vétéran qui compte 25 éclipses à son actif : «Assister à une éclipse partielle et dire que l’on a observé une éclipse revient à rester à l’extérieur du théâtre et à déclarer que l’on a vu la pièce. » Comme pour toutes les éclipses, le choix du site d’observation dépend des prévisions météorologiques, et l’on peut analyser les statistiques météorologiques des années passées concernant le mois où le phénomène doit avoir lieu. Depuis plusieurs années, Fred Espenak, du Goddard Space Flight Center, et Jay Anderson, de l’Environment Canada, établissent pour chaque éclipse annulaire et totale un précieux bulletin de la NASA qui fournit non seulement les paramètres astronomiques de l’événement, mais aussi, et avec force détails, les conditions météorologiques.

Évidemment, comme toutes les prévisions statistiques, celles-ci auront une valeur purement indicative : rien au monde n’empêchera, par exemple, qu’après dix années consécutives d’un temps sec et ensoleillé au mois d’août dans une localité donnée, il se mette à pleuvoir sans discontinuer la onzième année. Ou bien que le temps soit beau le 9, le 10, le 12, le 13 août, et ainsi de suite, en contribuant à maintenir la moyenne saisonnière, mais que le 11, précisément, un superbe orage se déclare. Cela dit, il vaut toujours mieux essayer de se rendre dans les lieux offrant, du moins a priori, les garanties les plus sûres. Le graphique illustre la probabilité d’assister à l’éclipse dans les différentes localités concernées, d’après les statistiques relatives à la couverture nuageuse au mois d’août. Il montre clairement que les chances augmentent à mesure que l’on se déplace vers l’est, et atteignent leur maximum (95 %) à Ispahan, en Iran. Mossoul, en Irak (90 %), et Diyarbakir, en Turquie (82 %), présentent également d’excellentes perspectives. Mais se déplacer jusqu’à des sites aussi éloignés annulerait justement l’avantage d’avoir une éclipse presque à sa porte. Si, pour le Vieux Continent, les probabilités semblent plus faibles, il convient néanmoins d’ajouter que les statistiques fondées sur la couverture nuageuse moyenne ont tendance à sous-estimer la possibilité de voir une éclipse survenant le matin ou vers midi (la couverture nuageuse maximale s’enregistre habituellement en fin d’après-midi).
En demeurant donc fidèles à l’Europe, on constate que les meilleures conditions (63 %) sont réunies sur la rive orientale de la mer Noire, entre Constata (Roumanie) et Varna (Bulgarie). Ces localités revêtent en outre un intérêt touristique notable, avec de belles plages et de splendides ruines romaines à visiter. L’arrière-pays roumain et bulgare offre lui aussi de séduisantes perspectives. La capitale de la Roumanie a vraiment beaucoup de chance, car, au-delà des statistiques, elle jouit généralement en août d’excellentes conditions atmosphériques. Avec ses deux millions d’habitants, Bucarest est la plus grande ville touchée par le phénomène, et celle où l’éclipse durera le plus longtemps (2 minutes et 22 secondes).

La situation est un peu moins bonne en Hongrie. À Szeged, les probabilités indiquées par le graphique de la page 156 sont de l’ordre de 58 %, et de 55 % sur le lac Balaton. En réalité,
comme le rapportent Espenak et Anderson, le Pr Szécsény-Nagy, de l’université Eôtvôs, a étudié les relevés effectués ces vingt dernières années par des stations météorologiques hongroises réparties le long de la bande de totalité pendant la semaine d’août où l’éclipse se produira : ses recherches ont abouti à 1 % seulement de journées sans soleil. Plus des deux tiers des enregistrements révélaient au moins dix heures d’ensoleillement quotidiennes. De tous les sites hongrois, le plus propice semble être le lac Balaton, une autre destination touristique estivale très attrayante, qui se caractérise par des eaux chaudes et des plages de sable fin. L’été, toute cette zone de l’Europe de l’Est est placée sous l’influence d’un climat méditerranéen en provenance de l’Adriatique et sous la protection des Carpates et du mont Balkan. En allant plus à l’ouest, les courants atlantiques l’emportent, et le scénario devient moins positif. Les probabilités tombent à 53 % au sud de Vienne, et à 51 % à Munich. Encore plus à l’ouest, la situation se dégrade davantage, et l’on serait même tenté de rayer l’Allemagne de l’Ouest et la France de la liste des sites d’observation privilégiés pour l’éclipse de 1999. Ceux pour qui l’idée de voyager un tant soit peu ne rebute pas auront en revanche l’embarras du choix. Selon Espenak et Anderson, les meilleures conditions en Allemagne sont réunies entre Ulm et Munich, tandis qu’en Autriche il faudra se rendre au sud de Vienne, près de la frontière hongroise. Bien évidemment, quiconque envisage de se rendre en Autriche ou en Allemagne devra garder un œil sur la météo les jours précédant le phénomène. L’arrivée de l’anticyclone des Açores (dont l’évolution, avouons-le, s’est révélée assez irrégulière ces dernières années) juste au moment de l’éclipse aurait par exemple pour effet de stabiliser le climat dans l’ensemble de l’Europe centrale ; cela, allié au fait que l’éclipse se déroulera largement avant l’heure où la production de nuages atteint son pic diurne, pourrait pratiquement garantir une parfaite visibilité du phénomène. La brièveté du déplacement nécessaire permettra a ceux qui décideront de l’accomplir de contrôler jusqu’au dernier moment (grâce à Internet ou aux images transmises par différentes chaînes de télévision par satellite) l’état de la couverture nuageuse, et de choisir ainsi à coup sûr la région la plus prometteuse.

L’idéal serait d’arriver la veille au soir dans une région propice, puis d’affiner, le cas échéant, la position dès les premières lueurs de l’aube à l’aide d’un ordinateur portable relié à Internet. Dernier conseil important à ce propos : tenez- vous informé de la situation sur le réseau routier des lieux concernés par le phénomène. L’intérêt de l’événement n’échappera pas aux médias européens. Il suffit de penser à l’apparition récente de la comète Hale-Bopp pour avoir un avant-goût de ce qui nous attend. Des millions de personnes en Europe se sont mobilisées pour voir la comète : il y en aura probable-ment autant qui voudront observer l’éclipse. Mais si la comète Hale-Bopp est restée visible pendant plusieurs semaines, l’éclipse, elle, est un phénomène dont la brièveté est inversement proportionnelle à l’effervescence qu’elle va susciter : il n’est pas impossible qu’on assiste à un véritable exode du Sud et du Nord vers l’Europe centrale, qui affecterait les conditions de circulation. Ne vous laissez pas surprendre et tâchez d’emprunter les voies les moins fréquentées.
Une autre remarque fondamentale quant au choix du site d’observation concerne la dis¬tance qui le sépare de la ligne de centralité. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la durée de l’éclipse ne diminue sensiblement que si l’on s’éloigne beaucoup de cette ligne. Dans le cas qui nous intéresse, on perd par exemple seulement 2 secondes à 10 km de la ligne, 5 secondes à 15 km et 9 secondes à 20 km. Même à 30 km de la ligne de centralité, on bénéficie encore de 2 minutes de totalité. Il faut tenir compte de ce paramètre quand, pour des raisons quelconques (terrain plus favorable, facilités d’accès, recherche de photographies à cadrages spécifiques, etc.), on évalue la possibilité de s’installer un peu à l’écart de la ligne
de centralité. Le tableau de la page 157 vous permettra de calculer rapidement les temps du début et de la fin de la totalité suivant le site d’observation choisi. Rappelons que l’intervalle entre le premier et le quatrième contact sur la ligne de centralité va d’un minimum de 2 heures et 45 minutes en Allemagne à un maximum de 2 heures et 47 minutes en Roumanie, et qu’au moment où nous écrivons ce livre, tous les pays cités ont la même heure locale au mois d’août, soit deux heures de plus que le Temps Universel.

Pour observer l’éclipse:

Nous pourrions dire en guise de boutade que de tous les instruments à emporter avec soi dans une expédition de ce genre, seul l’œil est vraiment indispensable. Son formidable rôle de détecteur, d’une sensibilité exceptionnelle et d’une faculté d’adaptation extraordinaire, se confirme une fois de plus à cette occasion. Seul l’œil nu permet d’observer l’aspect du milieu ambiant, les couleurs du sol et du ciel, l’extension maximale de la couronne et les étoiles éventuellement visibles.

Durant les phases partielles, il faut bien entendu protéger l’œil à l’aide d’un filtre assez épais. Un verre de soudeur à l’arc n° 14 ordinaire, grâce auquel le Soleil revêt une coloration verte, constitue une protection sûre et très bon marché. À défaut, on utilisera une feuille de Mylar spécialement conçu à cet effet, que bon nombre de fabricants et de revendeurs de télescopes sont généralement en mesure de fournir et qui donne une image bleutée du Soleil. Les lunettes de soleil, les disquettes ou disques compacts, les verres fumés, les pellicules photographiques (exposées ou non), les filtres polarisants, les filtres photographiques neutres et les radiographies sont absolument à proscrire. Tous peuvent plus ou moins causer des lésions temporaires ou définitives de la rétine, surtout en cas d’emploi prolongé. L’usage des filtres s’impose strictement jusqu’au moment du deuxième contact (1 % de photosphère découverte sera déjà fatale pour l’œil) et juste après le troisième. La totalité non seulement peut, mais doit s’observer sans filtre, sous peine de rater l’ensemble du spectacle. Autre instrument très précieux que beaucoup possèdent : les jumelles. N’importe quel modèle, même de théâtre, convient pour étudier le phénomène. Il faut là aussi se munir de
filtres pour les phases partielles, à fixer sur les objectifs (et non pas sur les oculaires, ils pourraient se briser). Tout bon magasin de matériel optique ou photographique en propose. Des jumelles 10 x 50 ou 12 x 50 procurent une excellente vision de l’éclipse, quelquefois même supérieure, par certains côtés, à celle obtenue grâce au télescope. Ce dernier permet sans aucun doute de mieux distinguer les protubérances, la chromosphère et les structures fines de la couronne, mais avec des jumelles, on a une vue d’ensemble particulièrement spectaculaire qu’aucun télescope ne pourra jamais offrir. Indispensables pour observer la couronne externe, les jumelles suffisent également pour discerner grains de Baily, chromosphère, protubérances, taches solaires et détails coronaux. Comme dans le cas des comètes, des jumelles 20 x 80 représentent sans doute le maximum dont un néophyte puisse se servir pour regarder une éclipse totale. Les filtres seront là aussi retirés durant la totalité. Attention, cependant, à ne pas exécuter l’opération avant le deuxième contact : potentiellement dangereux pour la rétine, l’aveuglement provoqué par le moindre lambeau de photosphère encore visible vous empêcherait en outre d’apprécier dans les meilleures conditions possibles l’image de la couronne ténue.

Un souvenir pour la vie:

Regarder l’éclipse est sûrement la chose la plus importante. Mais vous souhaiterez comme tout le monde conserver un souvenir durable d’un phénomène auquel vous n’assisterez peut-être qu’une seule fois. On sait combien le temps qui passe fait oublier… alors qu’une bonne photo¬graphie ravive la mémoire de chacun.
En principe, un simple appareil compact automatique suffit pour photographier une éclipse.
Durant la totalité, le manque de lumière entraînera évidemment le déclenchement automatique du flash (on en vit fuser plusieurs milliers lors de l’éclipse de 1991). Il est important que l’appareil photographique choisi permette de déconnecter le flash et de régler manuellement le temps de pose qui, pendant la totalité, oscille entre 1/250 et 1/30 de seconde avec un film de sensibilité 100 ISO et un objectif ouvert à f/3,5. Cela parce que la couronne, bien que très ténue, a tout de même quasiment la luminosité d’une pleine lune, à savoir d’un paysage terrestre éclairé par le Soleil. Avec une exposition la plus longue possible, la couronne apparaîtra au maximum de son extension.
Des photos plus significatives impliqueront en revanche l’emploi d’un appareil reflex. Un objectif de 200 mm semble le minimum pour obtenir une image assez grande de la couronne solaire qui, à son extension moyenne, occupera environ un cinquième de la longueur du petit côté du cliché. Un 400 mm se révèle sans aucun doute plus approprié, l’idéal étant une focale de 600 à 1000 mm.

Avec un 200 mm, le trépied n’est pas nécessaire. En posant jusqu’à 1 /30 de seconde à f/4,5 (une exposition facile à «tenir» lorsqu’on a un peu de pratique) avec, toujours, un film de sensibilité 100 ISO, on peut avoir également une bonne reproduction de la couche externe de la couronne. Avec un objectif de 400 mm et au- delà, en revanche, un pied photo, aux mouvements les plus doux possible pour permettre à l’opérateur de suivre aisément l’évolution du Soleil, devient Indispensable.
La photographie des phases partielles implique elle aussi l’usage d’un filtre. Mieux vaut, dans ce cas précis, opter pour un modèle assez sophistiqué qui offre une image plus réaliste du Soleil, de couleur jaune orangé. Il en existe aujourd’hui en verre de grande qualité, qui sont recouverts de trois couches d’un alliage au nickel-chrome ou bien d’acier inoxydable (un
peu plus chers, ces derniers ont, en contrepartie, une durée de vie plus longue). Garantissant une observation visuelle en toute sécurité, ils se fixent bien entendu devant l’objectif du télescope. On se les procure sans problème chez les revendeurs de télescopes.
Ces filtres ont pour caractéristique de ne laisser passer que 1/100000 de la lumière solaire. En supposant que l’on utilise un objectif de 500 mm de focale ouvert à f/8 (la couronne est
alors entièrement contenue à l’intérieur du cliché, quelle que soit son orientation) et une pellicule de 100 ISO, le temps de pose correct pour chacune des phases partielles se situe aux
alentours de 1/125 de seconde. C’est seulement quand la phase partielle sera très avancée et quand on distinguera juste un croissant de photosphère, avant et après la totalité, qu’il faudra sélectionner une exposition plus longue (1/60), car le limbe solaire est un peu plus sombre que le centre. Toutefois, à moins d’avoir un pied photo parfaitement stable, évitez les poses supérieures à 1/125 pour ne pas créer de fâcheuses vibrations (choisissez éventuellement une pellicule plus sensible, de l’ordre de 200 ISO).

Le mieux consiste à faire, avant de partir, un film d’essai sur le Soleil non éclipsé. Les tests permettront également de vérifier le bon fonctionnement du matériel aux instants cruciaux de la totalité. À ce propos, ne prévoyez pas trop de clichés : essayez surtout de profiter visuellement du spectacle, à l’œil nu et à travers les jumelles. Rappelez-vous qu’une photographie, aussi réussie soit-elle, ne constituera jamais qu’un pâle reflet des émotions que seule l’observation visuelle peut procurer.
Pour photographier les grains de Baily sans filtre, on aura recours à des temps de pose d’environ 1/250. Idem pour le collier de diamant, la chromosphère et les protubérances. S’agissant de la couronne interne, les expositions varieront entre 1/60 et 1/15 de seconde, et augmenteront progressivement de 1/8 jusqu’à 4 secondes pour les zones les plus externes. Néanmoins, comme nous l’avons dit, un trépied peu stable exclut d’office les poses allant de 1/60 à 1/8, sous peine d’obtenir une image rendue floue par la vibration liée au relèvement du miroir de l’appareil photographique (sauf si celui-ci est muni du dispositif de relèvement manuel). À partir de 1/8 de seconde, on peut opérer à la main en appliquant: on ouvre l’obturateur en pose B à l’aide du flexible, en gardant l’objectif bouché par un carton ou un cache; au bout de trois ou quatre secondes, quand les vibrations se sont calmées, on retire le carton et on le replace après 1/4, 1/2, 1 seconde, etc. Même si avec ce système les temps de pose sont par la force des choses approximatifs, on n’en obtient pas moins d’excellents résultats.
Ces remarques s’appliquent naturellement dans le cas d’un ciel limpide. Si ce dernier se voile, il convient de rallonger les expositions d’au moins deux ou trois diaphragmes en se fiant, à la limite, aux indications fournies par le posemètre de l’appareil photographique puisque la diffusion de la lumière par les nuages crée un éclairage uniforme.
On peut essayer, là aussi, de photographier l’éclipse en chapelet sur un même plan-film, selon la méthode proposée (y compris en ce qui concerne les diaphragmes et la pellicule) dans le chapitre 9 à propos des éclipses de Lune. On utilisera un temps de pose manuel de 1/4 de seconde pendant toute la durée du phénomène (totalité incluse) en veillant bien entendu, avant la totalité, à ouvrir complète¬ment le diaphragme et à retirer le filtre sans faire bouger l’appareil.

L’image plein champ montrant le Soleil éclipsé avec les planètes et les étoiles brillantes tout autour mérite sans aucun doute d’être tentée, car elle produit un effet particulièrement réussi. Lors de l’éclipse du 11 août 1999, deux planètes seulement se trouveront au-dessus de l’horizon. Vénus, de magnitude -3,5, et Mercure, de magnitude 0,7, se situeront respectivement 15° à l’est et 18° à l’ouest du Soleil. Parmi les étoiles les plus lumineuses que l’on pourra voir ou photographier au voisinage du Soleil, citons Régulus (magnitude 1,3), 10° à l’est; Castor et Pollux (1,9 et 1,1), 31° et 28° au nord- ouest; Procyon (0,4), 30° au sud-ouest. Avec un objectif de 35 mm, un film de sensibilité 100 ISO et une ouverture complète du diaphragme, on posera de 2 à 4, 8 et jusqu’à 16 secondes pour réaliser des clichés des étoiles et du Soleil éclipsé. Les expositions les plus longues permettent généralement de mettre en évidence des planètes et des étoiles invisibles à l’œil nu pendant le phénomène. Dans l’intervalle allant de 3 minutes avant le deuxième contact à 3 minutes après le troisième, on concentrera son attention sur l’apparition éventuelle des ombres volantes : de bonnes photographies de cette manifestation s’avèrent extrêmement rares. Dans la mesure où les ombres se déplacent rapidement et offrent un très faible contraste, les spécialistes conseillent d’employer un objectif standard de 50 mm de focale, une pellicule sensible (environ 400 ISO) et des vitesses d’obturation d’environ 1/250 de seconde; mais vu le caractère exceptionnel du phénomène, nous recommandons pour notre part d’essayer plusieurs temps de pose et ouvertures de diaphragme pour prendre différents clichés.
Afin d’améliorer la visibilité et le contraste, il convient d’étendre au sol un drap blanc. L’éclipse pourra également être filmée à la caméra vidéo, car de tous les phénomènes célestes traités dans cet ouvrage, elle est la seule à présenter une luminosité suffisante. N’oubliez surtout pas de vous munir alors d’un filtre pour les phases partielles.

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Vidéo : La grande éclipse européenne:

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : La grande éclipse européenne:

http://www.youtube.com/watch?v=5szhbjjNHGI

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